• Anna Galley

Méthodes de détection de mensonge en tout genre

Tout le monde ment. Et ce depuis la nuit des temps.

Donc forcément, la détection de mensonge a intéressé les humains depuis fort longtemps.

Nous sommes passés par des méthodes plus ou moins subtiles et efficaces pour trouver le traitre de la bande.


Les méthodes à base de farine


Depuis le moyen-âge, les hommes ont compris que mentir augmentait le niveau de stress et donc asséchait la bouche. Ils avaient inventé une méthode ingénieuse pour voir ce changement physique : les juges mettaient de la farine dans la bouche des accusés, si la bouche ressortait sèche alors il était coupable. Tu penses bien qu'il y avait beaucoup de coupables.

Méthode utilisée depuis 2000 ans en Chine, mais avec de la farine de riz. Et chez les Indiens avec des grains de riz que l'on devait mâcher et cracher.


Au bout d'un moment, les utilisateurs de ces techniques ont compris que ça ne marchait pas des masses, ils ont donc inventé des objets permettant de détecter de façon "certaine" le mensonge.


Le polygraphe


Le fameux détecteur de mensonge, très utilisé aux Etats-Unis pendant des années.

Le principe est simple, il va mesurer plusieurs indicateurs physiologiques : la fréquence cardiaque, la conductance cutanée (variant selon la transpiration), la fréquence respiratoire, la température corporelle, la pression sanguine et le diamètre pupillaire. L'idée est de voir s'il y a des changements par rapport à une ligne de base.

Pendant l'entretien, des questions dont on connait la réponse sont posées pour déterminer cette ligne de base (qui sera la vérité). S'il y a des changements dans cette ligne : la transpiration qui augmente, la respiration plus ou moins rapide, etc... cela indiquerait potentiellement des mensonges.

Je dis potentiellement car il n'existe aucune preuve scientifique qui démontre qu'un changement correspond à UNE seule émotion. Par exemple le rythme cardiaque va augmenter dans la colère et dans la joie.

De plus, l'émotion peut être en lien avec une réflexion qu'on s'est faite, tout autant qu'avec la question qu'on nous a posé à ce moment là, ou avec un problème qui nous arrive et qui n'a rien à voir avec ce dont on nous accuse.

En gros : ta femme t'a quitté ce matin, la police t'a amené au poste pour meurtre sur ton banquier, toi t'as rien fait mais t'es quand même un poil stressé et pas bien. Il est possible que tu sois accusé à tort par le polygraphe.




Sans parler du fait que nous sommes tous différents, et que du coup nos réponses physiologiques dues au mensonge peuvent être différentes, elles aussi.

Il est bon de noter que le polygraphe a été feinté par nombre de personnes, avec des "techniques" comme rester calme, s'entrainer à mentir, croire à son histoire, croire que le polygraphe ne marche pas...

Par exemple le traducteur Larry Wu-Tai Chin, qui envoya des informations américaines pendant 33 ans en Chine, déjoua tranquillement le polygraphe pendant ses années à la CIA. De même pour Aldrich Ames, agent également à la CIA (ils ont clairement un problème dans cette boite 😆) qui vendit des informations au KGB pendant 9 ans et traita le polygraphe de camelote (et pan!).

C'est pour tout cela que le polygraphe n'a aucune valeur juridique.


D'autres idées?


Actuellement, les recherches vont plutôt dans le sens de la neurologie : connaitre l'activité neuronale des personnes que l'on interroge pourrait montrer s'il y a des aires du cortex préfrontal qui s'activent (réflexion, donc peut-être mensonge), et les délais de réponse (visiblement 200ms plus longues pour un mensonge). Pour l'instant c'est en cours de recherche, voir ICI .

Une autre voie est celle de la voix (note le jeu de mot élégant et subtil). On peut mesurer les tremblements dans la voix. Des logiciels ont été créés pour détecter les infimes variations qui seraient le signe d'une absence de vérité.

Pas plus efficace que le polygraphe dans l'état actuel des choses.


Les méthodes semblant les plus intéressantes actuellement sont celles correspondant à l'analyse du non verbal et surtout du contenu du discours. Bien sûr nous retrouvons ici nos micro-expressions, mais rajoutons à cela la théorie du Reality Monitoring, les critères du CBCA et cela commence à devenir intéressant sur des adultes (j'en parlerais dans un autre articles, je sens que je m'égare là).

Mais les recherches scientifiques sont encore loin de pouvoir détecter un menteur à coup sûr.



Quelques clés pour s'amuser à vérifier la véracité d'un discours :




Un gros attention dans cette partie : ce ne sont que des clés permettant de donner des indices sur la véracité ou le mensonge. Ne pense pas que cela te permettra de savoir que l'autre te ment à coup sûr. Comme indiqué dans un précédent article cela n'est pas possible.

Néanmoins cela permet de commencer à s'amuser avec tout ça.

  • Demander à la personne de te répéter l'histoire à l'envers

Mentir demande beaucoup de ressources cognitives. C'est compliqué, on est focus sur ce que l'on invente. Le redire à l'envers est complexe.


  • Faire attention au nombre de détails

Le menteur aura tendance à simplifier son histoire. Encore à cause du manque de ressources cognitives. Moins on met de détails, plus l'histoire est rapide et plus il est simple de s'en rappeler pour la répéter si besoin. Alors que, lorsque l'on dit la vérité, on va naturellement ajouter des détails.

  • Servir un verre d'eau à la personne :

Mentir stresse et donc assèche potentiellement la bouche. Si tu sers un verre d'eau à la personne , que tu le poses sur une table, elle pourrait avoir envie de boire si elle ment (ou alors parce qu'elle a soif...)

  • Vérifier si la personne met un contexte de temps et d'espace :

Tout comme le nombre de détails qu'on donne de façon naturelle, on place aussi un contexte dans nos histoires. Nous expliquons où ça se passe, quand, et avec qui. Le menteur peut avoir envie d'en finir rapidement et donc de raconter son truc à la va vite, sans aucun contexte. Pose des questions sur le contexte pour voir la réaction de celui qui raconte.


Pour en savoir plus sur la détection de mensonge et les émotions, la formation en ligne c'est ICI!!



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