• Anna Galley

Interview de Sébastien Climent : "Courir pour ne pas faire du sur-place"





Suite à la lecture de son livre "L'ultratrail m'a sauvé la vie", écrit en 2019, j'ai eu la chance de pouvoir interviewer Sébastien Climent au téléphone.

Il m'a accordé quelques instants pour me parler de son parcours dans la maladie, de l'acceptation de celle-ci, jusqu'aux projets en cours.

Je vous fais un résumé de cet échange passionnant. J'espère que cela pourra apporter des réponses et de l'espoir à toutes les personnes atteintes de cette maladie.


Première étape : le flou artistique


Les malades de Ménière le savent, les débuts dans la maladie sont très difficiles. De part le fait de symptômes extrêmement handicapants et angoissants, et du manque de réponses claires et précises.


Pour Sébastien, cela a commencé chez lui, lors de travaux avec son père. Un premier vertige qui le force à s’asseoir. Puis une second, quelques temps plus tard. Les questions arrivent : qu'est-ce que c'est, est-ce grave? Le cerveau peut partir tellement vite dans les scénari catastrophes... Entre les vertiges, les sons "normaux" qui deviennent insupportables, les pertes d'audition à chaque crise... le tableau est noir.


Puis, après les premières questions, viennent les premières réponses. Et finalement les premières "non réponses". Des ORL qui ne savent pas quoi dire, et renvoient le problème au stress. Des médecins antipathiques, et j'en passe :

"J'ai été baladé d'ORL en ORL qui me disaient, en gros, que c'était moi qui était très angoissé. Qu'il y ait eu un trop plein et que ça ce soit déclenché et manifesté dans l'oreille, je veux bien l'admettre. Mais les symptômes physiques restent là".


Le fait de se sentir seul n'arrange pas les choses :

" Tout seul on l'est forcément, on a un sentiment de solitude très marqué. On a beau avoir des gens autour de nous qui essayent de nous apaiser, ils ne peuvent pas tout comprendre"


Dans cette étape, on est en plein questionnement. Sébastien s'est demandé pendant 2-3 ans s'il allait pouvoir retrouver un travail, rester avec sa compagne. Car l'impact de cette maladie est important sur l'entourage familial. Je vous renvoie à son livre dans lequel il en parle très bien.

"Au début on s'obstine à comprendre, mais il faut accepter. Trouver un traitement adapté et arriver à accepter la maladie pour avancer. "




Deuxième étape : trouver un équilibre différent :


Puis, vous trouvez la bonne oreille, qui sera attentive et bienveillante. Le médecin qui saura vous comprendre et vous aiguiller. Pour Sébastien, c'est le Dr Arnaud Devèze.

Une fois qu'un diagnostic est posé, reste à trouver le traitement adapté. Car il en existe plein.

Ce sera le Diamox® matin, midi et soir. Un oubli suffit à ramener un vertige. C'est donc devenu une routine du quotidien. Ce qui lui permet de travailler, de vivre sa vie de famille, et ses loisirs autant que possible.


De part mon métier, j'avais une question importante à laquelle a répondu Sébastien.

Hormis les médicaments, qu'est-ce qui aide??

Tout d'abord, l'acceptation que ce ne sera plus jamais comme avant. Arrêter de chercher à redevenir la personne que l'on était. Donc accepter la personne que l'on est en train de devenir, pour avancer

"On ne reviendra plus à 100% de ce qu'on était avant, mais par contre on apprend à vivre avec et on bouge différemment".


Pour continuer à vivre, Sébastien conseille surtout de bouger. Bouger pour que le corps se réhabitue. Bouger dehors, aller marcher. Métaphoriquement il est plus intéressant d'aller avancer dehors que de faire du sur-place chez le kiné vestibulaire. Cela permet d'être en contact avec la nature, pour se ressourcer. Cela oblige aussi à sortir de soi, et de la fixation de notre cerveau sur notre mal-être et nos questions. Et surtout, cela "participe à la revalorisation de l'estime de soi", qui en prend un sacré coup avec cette maladie.

L'acceptation permettra à Sébastien de recommencer à se projeter dans des plaisirs simples, comme faire une course à coté de chez lui.


Un autre conseil de notre coureur : se donner de petits objectifs. Par exemple, marcher de plus en plus, jusqu'à pouvoir alterner course et marche si l'on veut. Cela va aider le corps à s'habituer à ce nouvel équilibre instable. Je ne peux qu'abonder dans ce sens, ce qui est important c'est le chemin et non pas l'atteinte de l'objectif.

Ce sont également des petites choses qui sont mises en place pour améliorer le quotidien et s'adapter. Par exemple se mettre en bout de table pendant un repas de famille, pour ne pas à avoir à trop tourner la tête.

Au niveau du régime alimentaire, Sébastien a trouvé ce qui lui faisait du bien : éviter le sel, les plats cuisinés, le café et le thé, les alcools forts, l'eau gazeuse et le vin blanc. Cela lui fait plus de bien que pas mal de traitements.

"Avec le temps, le fait de sortir de la phase aiguë permet de trouver un nouvel équilibre dans la vie. "



Quand la maladie permet de bâtir une nouvelle force


C'est une notion qui arrive à la fin de son livre, et j'ai voulu en savoir un peu plus là-dessus.

On a tendance dire que les échecs nous rendent plus fort. Je crois qu'il en est de même pour les obstacles et les maladies. Visiblement nous sommes d'accords avec Sébastien.

Sans cette maladie, il ne se serait pas lancé les défis qu'il s'est lancé. Et ne les auraient peut-être pas relevé.

"Ça a été le moteur. Je ne me serais jamais lancé dans ce genre de défis si je n'étais pas tombé aussi bas"


Grace à Ménière, il a développé une force mentale impressionnante. Il sait que quand il a décidé d'un objectif, il ira au bout. En terme d'estime de soi et de confiance en soi, je trouve ça génial.

Cela montre qu'on peut transformer quelque chose de très négatif et y mettre un sens. Même si, comme il dit, le chemin est long.

Cette force lui a permis de finir des courses d'ultratrail, alors qu'il sentait, avant la course, les signes avant-coureurs de vertiges. Même si 2mn après la fin de la course il était en train de vomir, il a tenu tout le long.

Et Sébastien ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il prépare actuellement des ultratrails (un petit 180km par exemple), car les émotions et l'adrénaline que cela procure font maintenant partie de sa vie.

"Je suis armé pour affronter les épreuves de la vie. Je suis tombé tellement bas que maintenant, je surmonterai tous les obstacles"


Encore merci Sébastien pour cet entretien!

Pour le suivre sur fb --> ICI

Pour acheter son livre --> ICI

Pour le résumé de son livre --> ICI



Photos crédit Sébastien Climent




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